Véranda Mutsanga

Groupe de pression non violente

Hausse du prix carburant à Butembo : le service de l’économie toujours incapable d’expliquer la cause

Byverandam

Feb 2, 2022

Il s’observe, depuis décembre 2021, une hausse vertigineuse du prix du carburant dans les stations services tout comme chez les revendeurs à Butembo. Trois mille francs congolais le litre d’essence, 2 800 celui du gaz Oïl, c’est le prix du carburant jusqu’à ce lundi 31 janvier 2021 dans la plupart des stations services de Butembo, contre 1 700 francs il ya trois mois,   soit une augmentation d’environ 15%. Étrangement, ni le service urbain de l’économie nationale, ni les importateurs du pétrole, personne ne sait expliquer à la population les causes de ce prix élevé.

Contacté le 17 janvier 2022 à son office de travail par notre rédaction, le Chef du service urbain de l’économie, Gérard Kakule Kayihembako, n’a pas accepté de répondre à nos questions relativement à la problématique de la hausse du prix du carburant.

Face à ce mutisme du service attitré, les consommateurs des produits pétroliers se trouvent dans le flou depuis près de trois mois.

Toutefois, dans un communiqué rendu public samedi 29 janvier 2022, au lieu d’expliquer les vraies raisons de la hausse du prix, il a plutôt annoncé le début du contrôle des quantités et du prix pratiqué dans ce secteur.

Dans ce document, Gérard Kakule Kayihembako, prévient qu’à l’issue de ce contrôle qui s’étendra sur 5 jours, tous les PV de constat seront suivis des PV d’audition pour  ceux-là qui tomberont dans l’infraction de pratique des prix illicites. Ceux-ci, précise le communiqué, payeront des amandes liées aux prix illicites et verserons les  pénalités  perçues au compte du trésor public.

En effet, en date du samedi 15 janvier 2022, le service de l’économie nationale avait établi une nouvelle structure portant fixation du prix des Produits Pétroliers. Conformément à celle-ci, les prix du carburant à la pompe sont fixés pour la Zone Est à 2450 CDF pour le litre d’essence et 2400 FC pour ce qui est du Gas Oil.

Curieusement, à Butembo le prix sur le marché à n’est pas encore conforme à cette structure fixé par le ministre de l’économie nationale.

D’après une source anonyme contactée dans une des stations services, les importateurs peinent à trouver du carburant à Nairobi au Kenya, pays de ravitaillement. Toutefois, notre source n’a pas su expliquer pourquoi ces derniers peinent-ils à trouver du pétrole.

« Si le service dont vous faites allusion ne sait pas vous dire avec précision ce qui se passe à Nairobi, comment voudriez-vous que ça soit nous qui vous le dises », nous répond une source de l’Association des pétroliers de Butembo-Lubero, APELU.

Des grincements des dents

Parmi les secteurs affectés, se trouvent, entre autres, le transport de personnes et des biens. Les conducteurs de mototaxi, accablés par cette hausse démesurée du carburant, ont été obligés de revoir le prix de la course. Le prix de la course sur un taxi-moto, par exemple, est passé de 2 000 voire 3 000 francs congolais à Butembo.  Le matin de ce lundi, dans les rues de Butembo, il y avait plus de piétons  que d’habitude.

« La course, nous l’avons revu à la hausse à cause du prix du carburant. Le litre du carburant est devenu trop couteux, 3 300 francs, 3 500, pas moins de 3 000 francs. Mais, ce qui est regrettable, lorsque vous demander au client de vous faire 1000 francs pour une course de la Munzambayi jusqu’au centre-ville. Il en fait un problème », se lamente un taximan du parking Rond-point Cathédrale.

Un manque à gagner pour ces autres taximan rencontrés sur avenue des écoles.

« Les gens n’empruntent plus le taxi, ils souhaitent faire le pied à notre grand étonnement. Il faut que les autorités s’y impliquent. Un  client nous a dit ici qu’il paie habituellement  500 francs pour aller au boulot le matin et 500 francs pour le retour le soir. A celui-là lorsque vous demandez 1000 francs, il vous répond : combien aurais-je consommé jusqu’au soir ? C’est ainsi qu’il décide de faire le pied », racontent-ils. 

Plusieurs habitués du taxi ont fait les pieds pour se rendre à leurs services. C’est à l’image de ce jeune homme anonyme qui a fait le pied de Mutsanga jusqu’à Vutsundo.

« Je suis obligé de faire le pied parce que le prix d’une course en taxi est devenue trop cher, du centre-ville jusqu’à Vutsundo on me demande 2 500 francs, avec ça je trouve mieux de faire le pied. Il faut qu’ils essaient de régulariser un prix profitable à tout le monde », souhaite-t-il.

Outre le secteur du transport, les exploitants des bois sciés et moulins. Tous ont revue le tarif de leurs services respectifs.

Rédaction VERANDAMUTSANGA.ORG

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